Un village commence rarement par une rue. Celui-ci a commencé par une rivière et par quelqu'un qui a décidé d'en retenir l'eau.
Un homme, une rivière, un barrage
Daniel Martin fut le premier à ériger un barrage sur la rivière aux Saumons, pour y construire un moulin à scie vers 1838. Il bâtit également un pont et l'une des premières maisons. C'était un anglophone, à l'instar de plusieurs pionniers américains qui ont installé les premiers moulins sur les rivières des Cantons-de-l'Est.
Le lieu a d'abord porté son nom. On disait Martin's Mills, les moulins de Martin, avant que le village ne devienne Martinville. C'est la graphie d'origine, avec l'apostrophe et le s.
1896
La municipalité est constituée en 1896.
Cette date mérite une note. Une source municipale antérieure affichait 1895. La bonne année de fondation est 1896.
Le barrage change de mains
Monsieur Oscar Lessard, qui possédait un moulin à bois et un moulin à farine près du barrage, en fit plus tard l'acquisition. L'année de cette transaction n'apparaît dans aucune de nos sources.
En 1962, la tête du barrage se rompt. La municipalité, qui veut s'assurer d'une bonne source d'eau pour son service d'incendie, propose alors à monsieur Lessard de l'acheter et de s'occuper de sa réfection. Ce qui fut fait. Des travaux y ont été exécutés en 1962, en 1976 et en 1996.
Trois dates, trois chantiers, sur trente-quatre ans. C'est l'histoire ordinaire d'un ouvrage qu'une petite municipalité entretient parce qu'elle en dépend.
Le Parc du Vieux-Moulin, 1995
En 1995, une halte de repos et de détente est aménagée près du barrage, au bassin de la rivière aux Saumons. C'est le Parc du Vieux-Moulin. On peut y admirer les canards et les oies qui s'y arrêtent lors de leurs périples saisonniers.
Au bord de l'eau, sur la pelouse bordée de chaises Adirondack, se dresse une sculpture d'acier corten. Le nom LESSARD y est gravé. Nous n'avons pas de source qui explique ce qu'elle commémore, et nous préférons la décrire plutôt que de lui prêter une histoire.
Un peu plus loin, le Sentier de la Meunerie mène vers les ruines de l'ancien barrage, un mur de béton percé d'une ouverture au-dessus d'un lit de rivière rocheux. Le sentier est accessible à l'année.
Les ruines, elles, ne sont pas directement accessibles. On les voit depuis le sentier quand la végétation le permet. Un projet archéologique est en cours, et elles seront éventuellement mises en valeur.
L'entrée officielle du sentier est en face du Parc du Vieux-Moulin. Une seconde entrée se trouve au bout de la rue Antoine.
2021, les 125 ans
En 2021, Martinville a souligné son 125e anniversaire. La fête a eu lieu le samedi 11 septembre, portée par le Comité des loisirs, à qui le conseil avait autorisé un don de 3 000 $. La bibliothèque municipale y avait préparé sa propre activité. À la séance du 13 septembre, le conseil a salué la réussite de la journée. Les procès-verbaux n'en conservent pas le programme complet.
L'organisation était revenue à la direction générale, épaulée par un comité de deux personnes. Cent vingt-cinq ans après 1896, le compte tombe juste.
Ce qui reste
Le moulin à scie a disparu. Le barrage, lui, est toujours là, et le parc aménagé à côté est devenu l'un des endroits où l'on s'assoit pour regarder passer l'eau.
Le reste du village n'a pas beaucoup changé de forme non plus. Quand vous sortez de Martinville, dans n'importe quelle direction, vous montez une côte. Le village est resté blotti au creux de sa vallée, exactement là où une rivière valait la peine qu'on l'arrête.
Le barrage, la sculpture et le Sentier de la Meunerie se visitent, et les ruines se regardent depuis le sentier. Ces lieux sont situés sur la carte de la page Tourisme, avec les autres endroits du village.
C'est aussi ce que voient les marcheurs qui arrivent ici en descendant : La Voie des Pèlerins de la Vallée passe par ici.

